• Cyrill Rieder

Expériences d’un stagiaire à La Tulpa

Je m’appelle Cyrill et je suis étudiant en sciences naturelles de l’environnement en Suisse. Pour mes études, j’ai effectué un stage à Nariño avec l’association Lectures Partagées. Dans le cadre du projet « La Tulpa un renouveau pour la petite agriculture familiale », il était nécessaire d’introduire un mécanisme de contrôle pour la production biologique. Le but de mon stage était donc d’initier la mise en place de ce mécanisme. Je suis allé à Pasto, Nariño, à la fin du mois de janvier 2020 et j’y suis resté cinq mois. Dans les lignes qui suivent, je vais vous parler de mes expériences avec La Tulpa.


Le système participatif de garantie (SPG) est un système d’assurance qualité avec orientation locale. Il certifie les producteur·rices sur la base d’une participation active des acteurs et actrices concerné·es et est basé sur la confiance, les réseaux sociaux et l’échange de connaissances. En Colombie, il existe des certifications bio pour les denrées d’exportation et quelques labels privés, mais il n’existe pas de label bio unique et reconnu (tel que le Bourgeon en Suisse) qui offrirait à la fois un cahier des charges de production et une garantie (ici assurée par Bio Suisse) sur les fruits et légumes consommés localement.


Dès mon arrivée, je me suis senti chez moi. L’équipe de coordination m’a accueilli comme si j’étais de la famille : ils et elles m’ont invité les week-ends pour faire des excursions ou rendre visite à leurs ami·es et à leurs familles, mais aussi afin de participer à d’autres événements du projet. Avec tous ces partages d’expériences, nous avons noué de véritables amitiés.


Pendant mon séjour, j’ai été fasciné par la forte motivation personnelle des membres de l’organisation. J’ai eu l’impression qu’ils et elles traitaient le projet comme un projet de vie. L’atmosphère de travail était également très amicale, les membres s’entraidaient dès que possible.


Pourtant, de temps en temps, j’ai été confronté à des défis plus personnels, principalement liés aux différences culturelles. L’interprétation d’un accord, par exemple, est différente en Colombie de celle à laquelle je suis habitué dans mon travail en Suisse. Les engagements et les plans changent souvent, mais ce qui m’impressionne, c’est que les objectifs sont souvent atteints. Cela est dû à une plus grande tolérance aux changements à court terme et à l’attitude plus flexible des acteur·rices du système local en Colombie. Cela m’a montré que les objectifs ne sont pas uniquement réalisables avec notre méthode de travail, souvent très structurée et rigide.

En outre, j’ai eu l’impression que l’atmosphère de travail était beaucoup plus joviale que ce à quoi j’ai été habitué. Il n’y a presque pas de concurrence : c’est surtout une logique communautaire qui l’emporte. Une fois, par exemple, nous avons construit une pépinière avec deux autres organisations. Une dizaine de personnes se sont impliquées de tout cœur et nous nous sommes beaucoup amusé·es.


La Tulpa a ainsi pu contribuer à d’autres projets communautaires, dans une logique d’échange. Par exemple, celui de trois jeunes qui gèrent un restaurant dans la ville de Pasto : nous avons organisé un événement pour préparer un repas ensemble et raconter l’histoire des producteurs et productrices des aliments consommés. Tout le processus, depuis les premiers échanges d’idées jusqu’à la réalisation de l’événement, a été très inspirant.


J’ai été étonné par la positivité et la grande motivation de toutes les personnes avec lesquelles j’ai eu l’occasion de travailler. J’ai eu l’occasion de m’immerger dans la culture colombienne et d’apprendre beaucoup de choses sur la vie des paysans·nes.


Dans le cadre de mon stage, j’ai pu rendre visite à toutes les familles associées de La Tulpa. Chaque fois, j’ai été reçu avec beaucoup d’attention, et les familles m’ont invité à manger ou même à dormir chez elles. Toutes les familles vivent à la périphérie de Pasto, une région très montagneuse. Cela crée des microclimats et, par conséquent, chaque famille vit et travaille dans un lieu aux conditions climatiques spécifiques. Cette grande diversité se reflète dans le large éventail de produits proposés au marché de La Tulpa.


Apprendre à connaître tant d’endroits, de familles, leurs façons de travailler et de vivre, les problèmes auxquels elles sont confrontées, leurs histoires de vie et leurs moments de joie était merveilleux et impressionnant. Je suis très reconnaissant envers Lectures Partagées qui m’a permis de vivre cette expérience.


Cyrill Rieder

Stagiaire de Lectures Partagées sur le terrain

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